Célébration d’A-Dieu au Père André Roberti

pere_robertiCher Père André,

Je vois déjà votre œil qui pétille et votre beau sourire et vous vous dites : « qu’est-ce qu’elle va encore pouvoir raconter à mon sujet après tout ce qui a déjà été dit » ! Et c’est vrai, qu’après tous ces beaux témoignages que nous avons entendus hier soir et aujourd’hui, le défi est immense. Donc, je ne parlerai pas de votre foi profonde et de votre totale confiance en Dieu, ni de votre charisme envers les personnes fragilisées, ni de votre dévouement sans bornes, ni de l’amour du Christ qui rayonnait à travers vous.

Vous étiez un visionnaire, un rêveur et un homme d’actions. Vous avez été un des premiers à vous atteler à l’inclusion de la personne handicapée dans notre société, bien avant les politiques. En 1971 vous fondiez le Toit et cette même année Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu organisaient un pèlerinage à Lourdes pour les personnes porteuses d’un handicap mental et pour leurs familles. Ce pèlerinage, auquel vous avez bien sûr participé, a été couronné de succès et à votre retour vous avez écrit un texte que je voudrais partager avec vous tous aujourd’hui.

« Foi et Lumière à la manière de Péguy …
Il n’y a rien d’aussi beau, dit Dieu, qu’un pèlerinage Foi et Lumière où petits et grands sont mêlés en une fraternité qui dévoile mon ciel.
Je vous assure, dit Dieu, je n’en reviens pas moi-même. J’oserai presque dire que je n’y comprends rien. Si je n’avais reconnu en tout cela, la main et le cœur de ma mère.
Il n’y a qu’elle pour inventer des rencontres pareilles, pour croire en moi, au-delà de tous les raisonnements des hommes, pour aller de l’avant et mettre dans le cœur des plus sages, de ces folles initiatives, comme je les aime.
Oui, dit Dieu, croyez-moi bien, il faut que Foi et Lumière continue car si la foi se meure dans le monde, c’est la joie, victoire de l’Espérance sur toute vie, sur toute mort, qui doit la faire vivre !
Et c’est là, dit Dieu, que je dois vous le confesser : depuis Pâques 71, j’en ai appris des choses sur la terre. Là où je croyais trouver la résignation, j’ai découvert le remerciement. Là où je croyais recevoir un peu d’adoration, j’ai été envahi par un amour dont je reconnaissais l’origine. Qu’ils soient bénis, dit Dieu, ces parents et ces amis de mes petits enfants car ils ne discutent pas le pourquoi de leur peine, mais portent avec quel cœur le poids de leur espérance.
Pour eux, comme pour moi, dit Dieu, espérer c’est croire en l’autre. »

Après la belle expérience de ce pèlé, chacun était d’accord qu’il fallait que cela continue d’une façon ou d’une autre. C’est grâce à vous et à des personnes qui, comme vous, Père André, croyaient en la richesse de la personne handicapée et en l’amour de Jésus pour les plus petits, les plus faibles, que les communautés Foi et Lumière ont vu le jour en Belgique. Vous avez été aumônier national et un infatigable « bâtisseur de liens ». Pour les plus anciens parmi nous, votre nom est indissociablement lié à Foi et Lumière. Votre réputation dépasse nos frontières. C’est notamment, après avoir séjourné quelques semaines au Toit, qu’une jeune polonaise a démarré Foi et Lumière à Varsovie. Il existe actuellement des communautés Foi et Lumière dans 80 pays et, rien qu’en Belgique, on en compte 35, dont 3 à Bruxelles.

Avec Marie-Jeanne Ameels (qui a rejoint la maison du Père l’année dernière) vous avez fondé la communauté des Vendanges, située à Laeken, en janvier 1986 et depuis lors vous avez été notre infatigable aumônier. Vous étiez l’un des piliers, toujours fidèle au poste malgré vos multiples engagements, partageant nos souffrances et nos joies. Vous étiez proche de nos membres, toujours souriant et accueillant. Nous avions besoin de vous et vous disiez souvent que vous n’auriez raté nos réunions pour rien au monde, car, selon votre expression, vous veniez « y déposer vos valises et vous ressourcer ».

Sans cesse vous nous rappeliez que Jésus aime chacun d’entre nous de façon inconditionnelle et surtout les plus démunis. La meilleure façon pour nous de vous remercier et de vous rendre hommage sera de poursuivre la route que vous nous avez tracée dans cet esprit d’amour et de solidarité. Soyons des messagers de paix, de joie et d’amour et qu’en nous voyant on dise « voyez comme ils sont heureux » !

Pour vous la mort est la vie. Vous disiez que, malgré la douleur de la séparation, la mort sera toujours belle parce qu’elle est faite pour la réunion, la réconciliation, la communion.

Merci, Père André pour tout ce que vous nous avez apporté. Vous serez toujours présent au sein de nos Communautés car nous resterons en communion. Nous vous disons au revoir.

Anne Devis

> Pour revenir à la page précédente, cliquez ici