Mai 2019 : Merci Jean

Nous avons tous appris avec beaucoup d’émotion le passage de Jean vers Dieu. Vers cet amour qu’il nous a si bien révélé et qui l’a guidé au long de sa vie, vers cet amour qu’il a pu découvrir grâce à une vie de communion profonde avec ceux qui vivent un handicap mental. Je suis sûr qu’aujourd’hui, il rend grâce pour toutes ces personnes, ces amis, ces petits qui l’ont conduit vers la connaissance du Dieu Amour.

Aujourd’hui, je pense d’abord à Marie-Hélène Mathieu. Elle a fondé et développé Foi et Lumière avec Jean. Ils ont cheminé ensemble et nous ont fait avancer dans la vie grâce à la découverte du trésor caché dans les plus humbles. Une rencontre avec Jean ne laisse personne indemne, que dire de l’amitié de toute une vie !
Portons-la spécialement dans notre prière.

Un proverbe indien, je crois, nous dit que la mort, c’est la lumière que l’on éteint parce que le jour se lève.
Nous pouvions sentir dans le regard, dans la voix, dans le sourire de Jean cette présence d’un autre, cette lumière intérieure. Il vivait une communion si forte que tout ce qu’il disait semblait si simple. Parce qu’il était habité de l’Esprit Saint, il touchait nos cœurs et pouvait aussi révéler la présence de Dieu dans celui qui est mis de côté, principalement la personne avec un handicap. Aujourd’hui, il est un peu plus dans la lumière mais il nous dit par sa vie que nous pouvons aussi nous en approcher.

Jean Vanier a fait passer dans les dernières années de sa vie, une sérénité et une paix intérieure inouïe. Je crois qu’il nous invite aujourd’hui à cette paix. Tout est bien, je suis bien là où je suis, j’accueille ce qui m’est donné de vivre aujourd’hui et la grâce qui m’est donnée aujourd’hui. Voilà comment je résume la manière dont j’ai ressenti les dernières interventions de Jean et c’est ce sentiment de paix et de sérénité qui prend le dessus.

J’avais l’impression que Jean me rejoignait dans mon humanité la plus profonde. J’ai un jour ressenti une immense joie en traduisant une intervention de jean lors d’un lavement des pieds : j’ai ressenti une profonde communion et j’ai été bouleversé. Tout semblait si simple, si limpide. Tout coulait de source.
Je me permets de vous partager quelques idées qui restent marquées dans mon cœur. Je les partage à ma façon et vous fait part simplement des réflexions qu’elles ont suscitées en moi.

Nous avons un trésor

Les personnes avec un handicap ont une mission dans le monde, elles portent en elles la foi l’espérance et la charité. C’est leur don pour l’Eglise et pour le monde. C’est ainsi qu’elles sont le trésor que nous avons la chance de rencontrer. Combien de fois, Jean parlait du trésor qui nous était confié. C’est ainsi que lorsque nous vivons une célébration à Foi et Lumière, il y a un « je ne sais quoi » qui touche le cœur. Les personnes avec un handicap mental sont précieuses ; vivre une relation d’amitié avec elles nous rend plus humains et nous apprend à aimer. Nous devons donc d’abord soigner la relation avant les activités.

Passer de la générosité à la communion

Nous devons passer de la générosité à la communion. La communion demande de vivre une relation d’amitié, d’égal à égal. Comme au lavement des pieds où Jésus inaugure cette relation entre Dieu et les hommes. Je vous appelle mes amis, vous aussi, lavez-vous les pieds les uns des autres. Nous ne sommes pas appelés à faire ou à être « pour » l’autre mais bien à être « avec » l’autre. La relation nous enrichit et ce que nous faisons doit d’abord être au service de la relation.

Nos fragilités

N’ayons pas peur de nos fragilités, ne les cachons pas. Elles font partie de notre vie. Nous sommes des êtres humains et l’amour de Dieu passe par notre humanité non pas par des êtres ou des communautés parfaites où tout est impeccable, mais par des communautés humaines fragiles et mortelles, par des vies humaines fragiles et mortelles.

La responsabilité

Être responsable, c’est d’abord répondre à un appel, c’est être attentif au don de chacun et lui permettre de le développer. Cela demande beaucoup de discernement. Il faut pouvoir demander à chacun de contribuer selon ce qu’il est. Si vous demandez quelque chose que la personne ne peut pas faire, vous la condamnez à l’échec ; si vous demandez trop peu, vous risquez de la démotiver ou de la dévaloriser.
La responsabilité doit être partagée, elle ne peut être portée par une seule personne.

Nous ne pouvons pas décevoir Dieu.

Nous décevons beaucoup de personnes.
Nous décevons les autres qui attendent parfois trop de nous.
Nous nous décevons car nous ne répondons pas à l’image que nous avons de nous-mêmes.
Nous ne pouvons décevoir Dieu car Il nous connaît et il sait ce que nous pouvons donner et ce que nous ne pouvons pas donner. Il n’attend jamais de nous plus que nous ne pouvons donner. Et surtout : « Il nous aime tels que nous sommes »

Savoir passer des humiliations à l’humilité.

Nous subissons tous des humiliations, parfois de notre faute, prenons-les comme un appel à être humble à grandir en humilité.

Je vous confie cette petite réflexion, mais je confie aussi Foi et Lumière à la prière de Jean qui continuera à nous aimer.

Xavier

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